Le gore, genre dérivé du film d’horreur qui
s’est vu naitre involontairement aux Etat Unis lorsque
qu’un certain HERSHELL GORDON LEWIS réalisa en 1963 le
cultissime BLOOD FEAST. Et depuis, de nombreux réalisateurs
de renommée maintenant internationale ont commencé au
moins par un film gore à petit budget mais à
l’inventivité débordante comme PETER JACKSON ou
SAM RAIMI.
La France eut quelques essais sans succès dans le domaine du
cinéma de genre. Les BABY BLOOD, PROMENONS NOUS DANS LES
BOIS ou encore Bloody Mallory (pour ne citer qu’eux). Il aura
fallu attendre quelques réalisateurs chevronnés et
amoureux de la chose pour nous pondre des films qui ont de la
gueule et qui peuvent se vanter d’être de
véritables films de genre sans pour autant marcher sur les
platebandes des productions actuelles ou passés.
J’ai choisi 2 films qui se démarquent non pas par le
scénar mais par cette volonté de donner toujours plus
en matière d’images saignantes et dérangeantes.
Le 1er est HAUTE TENSION d’ALEXANDRE AJA et le 2ème
est A L’INTERIEUR de Julien Maury et Alexandre
Bustillo.
Attentions !!!!!!!!!!!!! Images crades et sanglantes.

HAUTE
TENSION
Les films d’horreurs
français ne sont pas légion mais 2 hommes ont
trouvé le remède miracle pour s’imposer sur la
scène horrifique internationale. Leurs noms, ALEXANDRE AJA
à la réalisation et aidée par GREGORY
LEVASSEUR au scénar.

Avec un scénar tout a fait classique ( 2 jeunes femmes viennent réviser leurs exams dans la maison de campagne de l’une des leurs, mais vont se faire traquer sans relâche par un tueur sanguinaire), les 2 jeunes réalisateurs utilisent d’autres atouts de grande importance pour mener le spectateur dans la terreur la plus totale. Et de la terreur il y en a dans HAUTE TENSION, les 2 victimes (interprétée notamment par CECILE DE France, excellente), traquées par un fou furieux dont l’acteur PHILIPPE NAHON prête sa grande carcasse putride dans des décors un peu différents des prods actuelles. Ici une imposante baraque au milieu des champs sert d’abattoir pour le début du film, s’ensuit ensuite une station service et enfin un très brouillon bois en guise de final.

3 décors qui tiennent une place importante dans la
composition du film, 3 décors qui finalement sont des
pièges autant dangereux que le tueur sadique. De ce
coté là, on peut dire que AJA se débrouille
très bien en instaurant un climat des plus angoissants et
impose un stresse continu. Merci aux protagonistes qui apportent
une touche de vulnérabilité et évite tout
cliché de la femme
invulnérable.
Les références
étant présentes, on peut retrouver à travers
certains passages et certaines idées venant de films de TOBE
HOOPER ou WES CRAVEN (un signe dirons nous !!!!!).

HAUTE TENSION est bien entendu pas avare en gore et c’est
tant mieux. On ne tombe pas dans le grand guignolesque
démesuré mais sert quand ça le permet à
faire évoluer l’histoire. Des scènes
très sanglantes et surtout très impressionnante.
Alexandre Aja ne prend pas de gants pour balancer la sauce surtout
dans le massacre du début et dans un final sans limite. Un
final qui malheureusement part dans un bric à brac pas
toujours compréhensible.
En dehors de ce petit
détail, HAUTE TENSION est un essai très concluant
dans le domaine de l’horreur. Une atmosphère flippante
à souhait, CECILE DE France et PHILIPPE NAHON qui prennent
un plaisir fou à jouer au chat et à la souris et
enfin des images au potentiel insoutenable.


Alexandre Aja et Gregory Levasseur ont posé les bases
à leur futur remake qu’ils réaliseront 3 ans
plus tard, l’excellent LA COLLINE A DES YEUX.

A
L’INTERIEUR
Si le film d’Alexandre
Aja proposait un mixte entre gore et terreur pure, il n’en
n’est rien du BB de
Julien Maury et Alexandre Bustillo. En effet, tout se passe de
commentaire, on tombe dans le crade et le gore le plus
pénible qu’il soit.

Les 2 réalisateurs nous
pondent un scénario banal mais ultra malin qui se veut
être le renouveau du 8 clos. 1 femme enceinte se retrouve
seule chez elle la veille de noël, alors que le lendemain
c’est l’accouchement. Mais sa nuit va devenir
cauchemardesque lorsque une mystérieuse femme va
s’introduire chez elle et tout faire pour lui voler son
enfant.
Avec une telle histoire, on
pouvait s’attendre à de pures moments d’angoisse
bloqué dans un seul et même lieu. Une grande maison
qui va être le pire des endroits.

La 1ère chose qui frappe
en plein cœur dans ce film, c’est
l’interprétation tout à fait inattendue de
BEATRICE DALLE qui campe une épine dans la vie
d’ALYSSON PARADIS (la sœur de l’autre). Un
rôle d’une incroyable violence psychologique.
Celle-ci ne se contente pas de rentrer dans le lard pour voler ce
qu’elle convoite mais joue en priorité avec les nerfs
de son « adversaire » et par la même
occasion avec les notres.

Si la 1ère partie fait
dans le classique 8 clos avec certains moments d’angoisse
malsaine (la scène ou Alysson Paradis photographie B. Dalle
dans le noir le plus total est un grand moment), la suite part dans
le gore le plus total et le plus macabre. Les 2 protagonistes se
livrent un jeu de massacre rarement mis en valeur dans un film de
genre ; l’une coincé matériellement et
physiquement contre l’autre possédée par
l’envie. Les personnages secondaires ne servent pas à
grand-chose, si ce n’est qu’à se faire trucider
dans un carnage le plus total.
Eh oui question gore, on est servi, de la tripaille en veux tu en
voila. Tète explosé en gros plan, castration en bonne
et du forme le tout accompagné d’hémoglobines
et le meilleur pour la fin qui est un monument de mauvais gout qui
ferai rougir de honte le moindre BAD TASTE ou BRAINDEAD, sauf que
le gore ici se fait pas spécialement rigoler ,mais
traumatise (pour certains). Les 2 réalisateurs se sont
lâchés et ca se sent en livrant un film
d’horreur qui balance un grand froid dans la
gueule.

Avec une atmosphère des
plus pénibles, des performances d’actrices qui force
le respect (décidément c’est la mode avec HAUTE
TENSION et autres THE DESCENT) et des scènes gores
particulièrement dégelasses (un peu trop à mon
goût surtout vers la fin), A L’INTERIEUR confirme haut
la main que le cinéma français est capable de pondre
le meilleur du cinéma horreur sans tabou et
complexe.
Il peut se ranger du
coté du cinéma de genre espagnole et anglais, comme
étant les futures représentants du cinéma
d’horreur.
A bon entendeur salut.
verdict : HAUTE TENSION : 16/20
A L'INTERIEUR : 15/20

































).
















