Bonjour à tous, amateur de cinéma de genre. Au programme, de la
science fiction bien de chez nous qui va tenter de rivaliser avec
la production actuelle internationale (US et ASIATIQUE en
particulier). Un thriller de SF, un huit clos ainsi qu’une
nouvelle forme de survival, tels sont les thèmes de chaque métrage
qui vont promettre des surprises : positives et négatives.

CHRYSALIS
Autre chtimi à faire son incursion dans le cinéma à l’instar
de XAVIER GENS (réalisateur de HITMAN et FRONTIERES), JULIEN
LECLERC se lance à son tour dans l’aventure film de genre en
lançant son CHRYSALIS, projet ambitieux au budget de 8,7 millions
d’euros. Somme plutôt minime pour un film que l’on
espère réussi.

Mélangeant tout les genres : SF, drame psychologique et THRILLER,
le film de LECLERC met en scène un flic de la police européenne
(L’excellent ALBERT DUPONTEL) traquant sans relâche un
dangereux assassin dans une capitale française futuriste. Cependant
une clinique secrète utilise à mauvais escients la mémoire de
certains patients.

La première vision du film m’a fait un effet ; une
comparaison quasi rapide avec le jeu vidéo NOMAD SOUL sorti au
début 2000 sur PC et DREAMCAST tant la construction est semblable.
The Nomad Soul proposait des phases de game-play variées qui
rendaient la progression non linéaire : exploration, tir et baston
; Chrisalys me fait penser un peu à cela. En variant les genres,
J.Leclerc propose un pot pourri des genres les plus en vogue
actuellement : arts martiaux, thriller psychologique post
paranoïaque et anticipation, le tout dans une ambiance lorgnant du
coté de TOTAL RECALL de Verhoeven et d’une ambiance style
BLADE RUNNER mais en moins cradingue.

En faisant ce mélange, le metteur en scène tente tant bien que mal
à scotcher le spectateur dans une surenchère d’évènements
improbables et typique au thriller. Résultat qui ne laisse pas
forcément un gout sucré et délicat dans la bouche en dépit de
certaines qualités. Esthétisme soigné d’un Paris moins crade
que maintenant, certains passages trippants et distribution
plaisante ( le duo
GUILLARD/DUPONTEL fonctionne parfaitement), en dépit d’un
scénario qui ne tient pas toujours la route, faute d’une
volonté évidente de tout montrer sans jamais aller au bout de ce
qu’il voulait prouver.

Le principal défaut est le manque d’ambition dans les
évènements et certains passages creux de non sens. Les combats
restent lourdingues et trop peu crédible surtout pour Albert
Dupontel qui malgré tout les efforts n’arrive pas à donner de
l’impact visuel (son seul défaut dans le film). On regrettera
aussi que le scénario ne se contente du strict minimum et reste
très prévisible notamment sur la fin.

CHRISALYS est un mixte intéressant des meilleurs néo thrillers
futuristes (TOTAL RECALL, MINORITY REPORT) avec tout ce que ca
apporte au genre ; esthétisme moderne et froid et personnages
complexe (Dupontel « décidément !!!! » est égal à
lui-même c’est-à-dire unique) mais faiblit sur le long terme
à cause de scénario peu recherché et de ces combats qui n’ont
rien à faire là. Un 1er essaie mi figue mi raisin mais qui laisse
présager le meilleur pour la suite.

EDEN LOG
Autre essaie dans le domaine de SF française en la personne du
tortueux film de FRANK VIESTEL (assistant réal sur DANTE 01), EDEN
LOG. Un homme se retrouve sans le savoir dans une grotte à coté
d’un cadavre. Sa volonté sera de trouver un moyen de trouver
la sortie tout en évitant la masse de créatures qui sévit dans les
parages. Sa recherche va le mener à une organisation secrète du nom
de EDEN LOG.

Projet ultra perplexe que ce EDEN LOG. A la fois survival new age
et conte glauque à l’esthétisme poétique mais noire à la
fois, le film de VIESTEL nous invite dans un monde tabou que le
personnage principal à du mal à comprendre. Pour se faire le
polyvalent CLOVIS CORNILLAC arbore à la fois un antihéros touchant
et repoussant, qui va vivre sa survie avec tout les périls que cela
implique et par la suite va découvrir un univers complexe
qu’il n’y parait.

EDEN LOG est visuellement d’une grande beauté, d’une
noirceur qui fait froid dans le dos et d’une ambiance de
claustrophobe des plus tendus, mais subit un peu l’effet
SILENT HILL, c’est-à-dire intéressant sur la forme et dénué
d’intérêt sur le fond. Car oui, EDEN LOG est d’un ennui
mortel. Si le tout début laisse présager le meilleur, ce
n’est que poudre aux yeux à ce qui nous attend par la suite.
En plus d’être complètement à coté de la plaque niveau
scénaristique, il se permet de ne proposer aucun retournement de
situation, aucune scène de mutants crédibles (les créatures font
pitié) et un final abracadabrant et incompréhensible. En gros
j’ai rien pigé à la morale (si y’en a une !!!!) du
film. Ce n’est pas la performance sans âme de Cornillac et du
reste du casting qui va changer la donne. On attend une seule
chose, c’est que le film se termine. Malheureusement on ne
peut pas couper en plein, d’espoir qu’il s’y
passe quelque chose par la suite, mais nan, rien n’y fait,
EDEN LOG se plante totalement.

EDEN LOG proposait une bonne idée de départ, desservit par un néant
humain qui se contente d’aligner les plans dans des décors
certes recherchés mais sans se fouler à provoquer la moindre
tension à un publique déjà en train de roupiller. Essaie donc au
bilan négatif pour une grande partie du film qui n’arrive pas
à scotcher le spectateur endurci.
T’inquiète Viestel, le prochain c’est le Bon
!!!!!!

DANTE 01
Marc Caro, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le
collaborateur de Jean Pierre Jeunet sur 2 de ces films :
DELICATESSEN et LA CITE DES ENFANTS PERDUS. Pour son dernier film,
MARC CARO vise le 8 clos de science fiction qui fait directement
référence aux films carcéraux de type FORTRESS ou plus précisément
ALIEN 3 tant les similitudes sont évidentes (dans l’ambiance
et non pas le scénar).

Ici pas question de créatures féroces et baveuses mais d’une
bande de psychopathes enfermée dans une prison ultra fortifié du
nom de DANTE. Ces détenus subissent des expériences ultra secrètes
par une bande de scientifiques pas si pacifistes qu’ils
n’y paraissent. Cependant un personnage inquiétant et
mystérieux du nom de ST GEORGES (campé par LAMBERT WILSON) va semer
le trouble et va s’avérer être une forme de messie qui va
préoccuper toute la prison.

Loin d’être un simple film de science fiction sur fond
d’horreur, le film de MARC CARO vise plus haut dans le
traitement du scénario. Composé de personnages à la limite du
caricatural et aux tronches de détraqués (on retiendra la belle
performance de DOMINIQUE PINON, fidèle acteur de CARO et JEUNET, ou
encore François Levantal en psychopathe antipathique ) et aux
décors froids (la aussi on reconnait les couleurs ternes de la CITE
DES ENFANTS PERDUS de Jeunet et Caro), DANTE 01 apporte une touche
de surréalisme sous fond de religion ; en effet LAMBERT WILSON (qui
a prit gout à la science fiction depuis MATRIX RELOADED avec entre
autre CATWOMAN ou BABYLON AD) incarne un prisonnier inconnu qui a
des pouvoirs miraculeux, ce qui fait peur ces camarades de
cellule.
Le reste fait dans le classique sans chercher réelle innovation, on
a droit aux fameux stéréotypes de l’univers carcéral mais à
la sauce futuriste qui peut plaire ou faire fuir. Moi je
n’accroche pas cependant.

N’étant pas fan à la base du travail de CARO ou JEUNET (a
part le 4ème volet de ALIEN), j’ai eu du mal à accrocher à
cette histoire pas piqué des vers de prisonniers victimes de
scientifiques vaseux. Wilson chope ici son rôle le moins recherché
et se contente d’exprimer des émotions qui hélas
n’atteint personne. De plus malgré un éclairage subtil et
imposant un climat d’angoisse, DANTE 01 se contente
d’imposer un semblant d’histoire terrifiante où des
prisonniers se foutent sur la gueule pour savoir qui est le plus
fort.

Pas inintéressant sur le plan de la mise en scène mais pénible sur
le plan scénaristique, le film de MARC CARO déçoit autant
qu’il peut surprendre / Univers carcéral bien rendu, il est
néanmoins handicapé par un manque global de charisme et de suspense
dans l’intrigue qui se contente de donner le minimum
syndical.
Sans plus je dirai, mais bon c’est moins chiant que EDEN
LOG.
Bilan donc sur ces 3 films de SF made in France. Ce n’est pas
fort exceptionnel. Difficile pour notre chère et belle patrie de
tester un genre dont-ils ne sont pas habitués. De bonnes idées
certes, mais la mise en image n’assure pas. Est-ce que la
France est condamnée à faire des films dramatiques ou des comédies
(rien qu’à voir le box office des films français en France
pour s’en rendre compte), nan la nouvelle génération
s’attaque au cinéma de genre avec beaucoup de volonté (les
films d’horreur Français actuels font souvent parler
d’eux) et peut être qu’un jour nous battrons enfin le
reste du monde !!!!.
VERDICT : CHRYSALIS : 13/20
EDEN LOG : 5/20
DANTE 01 : 09/20
Eden Log
lun 01 jun 2009 19:20